[Scène : La salle de contrôle principale du bunker. Les murs sont recouverts d'écrans affichant les caméras de surface. On y voit la place de la Concorde et la Tour Eiffel balayées par un blizzard apocalyptique. Des silhouettes gelées gisent sur le sol blanchi.]
À l'intérieur du bunker, l'atmosphère est lourde mais stable. Le chauffage thermique fonctionne à merveille grâce aux milliards investis par Julien. Son objectif actuel est de verrouiller hermétiquement tous les accès extérieurs et d'initier le protocole d'autonomie complète pour les cinquante prochaines années.
Soudain, l'écran de surveillance du sas d'entrée numéro 4 clignote. Un groupe de survivants désespérés, équipés de vêtements d'hiver de fortune, tente de forcer la porte blindée avec un bélier de chantier. Parmi eux, Julien reconnaît immédiatement Bertrand, son ancien rival commercial qui l'avait humilié publiquement quelques mois auparavant.
« Laisse-nous entrer, Julien ! » hurle Bertrand à travers l'interphone, la voix déformée par le vent et le froid extrême. « On sait ce que tu as construit ici ! Tu ne peux pas nous laisser mourir ! »
Julien reste de marbre. « Ce bunker a été conçu pour un nombre limité de personnes. L'ouvrir maintenant mettrait en péril notre survie à tous. »
Le conflit moral est insoutenable pour Chloé, qui regarde les images avec horreur. Mais le véritable choc survient lorsque Bertrand tire une silhouette tremblante devant la caméra. C'est le père de Chloé, qu'elle croyait en sécurité à Lyon.
« J'ai trouvé ton vieux père sur la route, Chloé ! » crie Bertrand avec un rire dément. « Ouvre cette porte, ou je lui loge une balle dans la tête avant que le gel ne le termine ! »
Chloé hurle de douleur et se tourne vers Julien, le suppliant de déverrouiller le sas. Julien refuse, sachant que Bertrand est armé et imprévisible. Dans un geste de pure détresse, Chloé bouscule Julien, se jette sur la console de commande principale et commence à entrer son code d'accès d'urgence pour ouvrir le sas.
Julien tente de la retenir, mais il est trop tard. Un voyant rouge s'allume sur la console : "Ouverture du sas numéro 4 initiée". Mais le véritable rebondissement survient lorsque l'ordinateur central émet une alerte vocale : « Attention, contournement du système détecté. Ce n'est pas le code de Chloé qui a ouvert la porte. Le piratage provient d'un terminal interne à la salle des machines. » Quelqu'un à l'intérieur du bunker travaille avec Bertrand.