[Scène : Les profondeurs souterraines de Paris. Un réseau secret relié aux Catacombes, transformé en un complexe de bunkers technologiques ultra-sécurisés s'étendant sur plusieurs kilomètres.]
L'obscurité des souterrains est combattue par des rampes de néons industriels. Des chariots élévateurs automatisés s'activent dans un ballet mécanique incessant, empilant des caisses de vivres, des générateurs à fusion froide et des modules de fermes hydroponiques. Julien et Chloé, désormais équipés de combinaisons tactiques, supervisent les opérations. Leur but est d'accueillir et de sécuriser le dernier convoi transportant les turbines de recyclage d'air de pointe, indispensables pour survivre sous terre pendant plusieurs décennies.
Cependant, le danger ne vient pas du ciel, mais de l'avidité humaine. Alors que le convoi franchit la grille d'accès sud, un groupe d'hommes lourdement armés bloque le passage. À leur tête se trouve Moretti, un parrain de la pègre locale qui contrôle les réseaux de contrebande des souterrains parisiens.
« Le deal a changé, le milliardaire, » lance Moretti avec un sourire carnassier, tapotant le canon de son fusil d'assaut. « La panique a commencé là-haut. Les gens s'entretuent pour une couverture. Tes turbines valent de l'or. Je veux la moitié de ton bunker pour mes hommes, ou ce convoi ne passera jamais. »
Le conflit est à son comble. Si Julien refuse, une fusillade éclate et les équipements risquent d'être détruits, condamnant à mort tous les occupants du bunker. S'il accepte, il introduit des criminels armés dans son sanctuaire. Chloé retient son souffle, la main sur son arme de poing.
C'est alors que Julien avance, sans l'ombre d'une hésitation. Il sort son téléphone satellite et active un enregistrement vidéo en direct.
« Moretti, tu penses avoir l'avantage parce que tu as des armes, » dit Julien d'un ton monocorde. « Mais j'ai acheté ton syndicat criminel hier matin. J'ai également racheté toutes les dettes de ta famille. Et au moment où nous parlons, tes enfants et ta femme sont en sécurité dans mon abri secondaire en Normandie. Si tu tires une seule balle, les portes de leur abri se verrouilleront de l'extérieur, les laissant affronter le blizzard sans aucune ressource. »
Le visage de Moretti se décompose. Le piège financier et psychologique de Julien est parfait. Réalisant qu'il a perdu, le criminel baisse son arme et ordonne à ses hommes de laisser passer le convoi.
Alors que les turbines pénètrent enfin dans le secteur principal et que les portes blindées commencent à se refermer, une sirène d'alarme stridente retentit dans tout le complexe. Les écrans de contrôle affichent la température extérieure de Paris : elle vient de chuter de 15 degrés en moins de dix minutes. Le grand gel a commencé.